J'aime le web, c'est un outil de travail et de loisir passionnant. J'adore les technologies du web, tous ces langages bannis par les informaticiens aficionados du C, qu'on les appelle langages de programmation ou autrement, peu importe : j'adore ça. Découvrir tout ce qu'on peut faire avec ces quelques technologies c'est passionnant, essayer de concevoir n'importe quel logiciel en cherchant à le rendre accessible sur n'importe quel poste le plus facilement possible, imaginer les outils que tout le monde utilisera demain, transmettre cette passion à un maximum de gens, j'y consacre beaucoup de temps. J'aime aussi connaître les techniques pour se faire connaître sur internet, utiliser les outils existants pour toucher le plus de monde, ou rester plus proche de ses amis.

Mais je commence à regretter de voir que mon laboratoire géant préféré devienne un gag : on crie à la médiocrité depuis que cet espace d'échange est devenu "UGC" (User Generated Content, un espace où les utilisateurs sont eux-même créateur de richesse). C'est vrai que depuis qu'un utilisateur publiant des vidéos totalisant des records de visites se qualifie de "professionnel" alors que sa production est globalement de mauvaise qualité, je trouve ça désagréable. Mais la véritable médiocrité, selon moi, est apparue le jour où on a cherché à monétiser ce contenu. Depuis, on vend ce contenu, on achète leurs producteurs pour mieux vendre le reste, on cherche même à monnayer le contenu qui apprend à mieux en monnayer d'autre. C'est devenu un sport international, on écrase même le contenu de qualité pour mieux mettre en valeur le contenu générant des profits.

En bref, aujourd'hui, le web n'est plus un espace de travail pour les techniciens, mais un espace de travail pour ceux qui s'appellent "communicants" (c'est absurde, connaître des techniques pour mettre de la publicité partout, ce n'est pas de la communication).

Alors je suis content de n'avoir que peu de visites sur mon site internet, de perdre de l'argent avec, d'être mal référencé sur google, mais d'avoir un espace personnel où je peux y mettre ce que je veux, en faisant de mon mieux, en restant libre de ce que j'y met.